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Madane Conseillère Fédérale Simonetta Sommaruga,

Jamais auparavant il n'y a eu autant d'observations et de prédations de loups en Suisse que cette saison. Vous, Madame la Conseillère fédérale, avez déclaré au Conseil national en mars dernier qu'une augmentation annuelle de 30 % avait été enregistrée en Suisse et qu'il y avait alors au moins 150 loups dans le pays. Il est certain qu'aujourd'hui il y en a beaucoup plus compte tenu des portées qui ont eu lieu. Cinq cantons - Grisons, Uri, Valais, Vaud et Glaris - ont décrété des abattages ces derniers jours. Certains de ces abattages ont déjà eu lieu. Dans le canton du Tessin, malgré des dizaines et des dizaines de prédations, aucun abattage n'a été décrété, une situation qui suscite la colère des éleveurs, des agriculteurs alpins et des populations des régions de montagne. Depuis le 11 juin, le canton du Tessin a chargé la BAFU de gérer la situation préoccupante à Cerentino. Rien, à notre connaissance, n'a été fait depuis presque deux mois. Du jamais vu ! Ce matin encore, le canton a lancé une alerte sur l'Alpe di Pian Crosch, juste au-dessus de Cerentino.

Madame la Conseillère fédérale,

Je vous remercie pour votre lettre du 7 juillet et pour la préoccupation affichée du Conseil fédéral dont je fais partie, mais vous devez vous rendre compte que la situation au Tessin et dans les Alpes suisses est actuellement complètement hors de contrôle, dramatique j'ose le dire. Vous, le Conseil fédéral et vos fonctionnaires, êtes en train de tirer la couverture à vous pour ceux qui travaillent et gèrent, avec beaucoup d'efforts, le territoire, ceux qui élèvent du bétail, des moutons et des chèvres en particulier. La situation, au tiers de la période d'alpage, est insupportable, avilissante, psychologiquement oppressante.

Des mesures immédiates sont nécessaires, des changements rapides aux réglementations obsolètes et aux mesures de protection inapplicables. Une décision immédiate est nécessaire concernant l'abattage qui a été décrété pour Cerentino, un arrêté fédéral urgent sur la régulation des loups et des mues est nécessaire sans ambiguïté. De nombreuses personnes honnêtes et travailleuses de la région sont prêtes à prendre des mesures d'autodéfense au cas où vous, les détenteurs du pouvoir, ne pourriez pas, ou ne voudriez pas, agir.

Madame la Conseillère fédérale,

L'heure n'est plus aux tergiversations, nous devons agir maintenant. Repousser les mesures à 2023 ou 2024 sera trop tard. Il y a aussi un problème transfrontalier de migration des loups qui nécessite l'intervention du ministère des Affaires étrangères, qui nous lit une copie. Plus de 900 loups se trouvent aux frontières des Alpes, de la Slovénie à la France, et le Tessin, les Grisons et le Valais, par exemple, en font les frais !

Je m'excuse si, une fois de plus, je dois vous contacter directement. Avec mes collègues de l'association faîtière suisse, je suis préoccupé par l'avenir du secteur rural et du pastoralisme. Je vous invite à visiter nos régions de montagne et nos vallées. Constatez par vous-même des situations indescriptibles et parlez à des agriculteurs touchés par la prédation, même dans des situations parfaitement protégées. Nous sommes prêts à vous accompagner, nous attendons votre signe de tête.

Dans l'attente de mesures immédiates et opportunes, abstenons-nous de toute tirade, je vous salue cordialement.

Arch. Germano Mattei, co-président de l'Association suisse pour la protection du territoire contre les grands prédateurs.

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